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Musique et danse nationale de la République Dominicaine, le merengue exprime la passion, l'amour et l'amitié. Cette danse rythmée et passionnée est accessible à tous parce qu'elle demande un minimum d'apprentissage. Depuis les années 1970, elle a répandu partout ses cadences entraînantes, ses déplacements latéraux sur des pas empruntés au chacha et ses ondulations du bassin plus ou moins torrides.

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Ses origines
Son nom correspond au déssert léger et sucré, la « meringue », mais personne ne sait vraiment si cette sucrerie a inspiré le nom de la danse.

L'origine même de cette danse est mal connue. Créole, africaine, cubaine, contre-danse française? Plusieurs versions de son histoire se chevauchent et se contredisent parfois.

On dit ainsi que le merengue proviendrait du mouvement des esclaves africains, qui étaient enchaînés les uns aux autres et devaient traîner une jambe pendant qu'ils récoltaient la canne à sucre au son des tambours. Une autre histoire raconte qu'un héros d'une des multiples révolutions ayant secoué la République Dominicaine aurait été blessé à une jambe. Lorsqu'il revint dans son village, ses concitoyens lui organisèrent une grande fête et, pour lui marquer leur sympathie, tous dansèrent en boitant et en traînant un pied.

Selon certains, le merengue serait une combinaison d'une danse africaine et du menuet français. Les esclaves noirs auraient imité la danse qu'ils apercevaient dans les salons des « maîtres ». Cependant, comme les danses des Européens leur semblaient ennuyantes et collet monté, les Noirs y ajoutèrent, à l'aide des tambours, un rythme sautillant plus réjouissant.

Une autre thèse, probablement la plus crédible, soutient que le merengue tiendrait ses origines d'une danse nommée « Urpa » ou « UPA habanera » qui s'est répandue dans les Caraïbes entre 1838 et 1949. Cette danse comportait un mouvement appelé « merengue » et seule cette appellation aurait survécu à son arrivée en sol dominicain.

Le merengue adopté d'abord par le peuple
Le merengue est resté peu connu durant quelques années, mais on sait qu'un journal de Saint-Domingue a lancé, au début des années 1850, une campagne dénonçant le merengue et défendant la « Tumba », danse traditionnellement populaire en République Dominicaine. C'était la preuve que le merengue gagnait en popularité. En 1875, un homme, Ulises Francisco Espaillat, a lui aussi attaqué le merengue lors d'une campagne qui fut tout à fait inutile : la danse s'était répandue, particulièrement dans la région de Cibao, où sa popularité devint si forte qu'on l'appelle aujourd'hui « le berceau du merengue ».

Au début, le merengue était interprété par les gens du peuple sur les instruments simples qu'ils possédaient, entre autres, le « bandurrias » dominicain, qui fut supplanté par l'accordéon européen à la fin du XIXe siècle.

Bien que le merengue fut rapidement adopté par le peuple, les gens des classes dirigeantes de la société dominicaine le refusèrent longtemps parce qu'il était relié à la musique africaine et le contenu des chansons, passionné et parfois même grivois, ne correspondait pas du tout aux rigides concepts religieux de l'élite dominicaine bien pensante.

Les dernières barrières
Au début du XXe siècle, des musiciens professionnels établirent une forme musicale plus structurée du merengue et tentèrent de l'introduire dans les danses de salon, mais la haute société continua de le bouder.
La situation a commencé à changer en 1930 lorsque Rafael L. Trujillo utilisa des orchestres jouant du merengue pour promouvoir sa campagne présidentielle sur les places publiques. Le merengue ne fut finalement accepté par l'ensemble de la société que lorsqu'une famille aristocrate de Santiago fit écrire un merengue aux paroles décentes, Compadre Pédro Juan, pour le quinzième anniversaire de leur fille. Par l'intermédiaire de la radio, le merengue s'est ensuite propagé dans toute la population.

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Le merengue aujourd'hui
De nos jours, on peut distinguer deux types de merengue. D'une part subsiste le merengue folklorique et traditionnel, joué par des orchestres typiques de la campagne dominicaine qui utilisent un accordéon, un guayo, une tambora et un petit tambour à double tête.

D'autre part, les musiciens professionnels, imités par les musiciens populaires, ont développé le merengue de salon (danse de salon). Ces orchestres ont introduit le piano, des cuivres (saxophones, trombones) et des chœurs à trois ou quatre voix. Ces nouveaux arrangements ont contribué au succès du merengue, tant auprès des populations latines des États-Unis, que celles d'Amérique centrale, d'Amérique du Sud et d'un peu partout dans le monde.

Cette musique est aujourd'hui interprétée par une multitude de groupes, tant féminins que masculins.

Écouter un extrait musical de merengue



   
 

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